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Pourquoi le stock est vertueux

Pourquoi le stock est vertueux ?

Depuis des décennies maintenant, le stock est considéré comme un mal nécessaire. Alors oui, bien sûr, le stock nécessite d’être financé et impacte le besoin en fonds de roulement. 

L’approche lean a contribué à l’image négative du stock : l’excès de stock est un gaspillage, un muda. Et cet excès de stock, souvent lié à une surproduction, lui-même un muda, peut avoir comme impact de nombreux autres muda, comme les déplacements inutiles (la manutention), les temps d’attentes qui se traduisent par des délais plus longs et par moins de flexibilité, par des défauts de qualité qui se trouvent ainsi masqués. 

Alors oui, il faut éliminer les gaspillages, ce qui implique la réduction de stocks inutiles. Mais attention, l’élimination des muda peut impliquer en premier lieu l’élimination des mura, un autre type de gaspillage qui concerne l’irrégularité, mais il s’agit là d’un autre sujet…

Plus de stocks pour optimiser la production

Revenons aux stocks. S’il faut éliminer les stocks “inutiles”, le lean ne prétend pas qu’il faille supprimer la totalité des stocks. Par exemple, le stock est indispensable si le délai sous lequel les clients attendent une livraison est plus court que le délai sous lequel la production ou l’approvisionnement peuvent être faits.

Prenons l’exemple de la production : l’absence d’encours entre des machines de production contribue à baisser la cadence, c’est-à-dire le volume produit par heure. En effet, dans le cas des flux tendus d’une ligne de production automatisée, s’il n’y a pas de buffer (stock tampon) entre certaines machines, les arrêts de production de chacune des machines se propagent immédiatement à l’ensemble des machines et le temps effectif de production baisse. Or ces arrêts de production peuvent être de différents types, leur durée et leur fréquence peuvent éventuellement être réduites mais ils ne peuvent être totalement éliminés : arrêt pour changement de consommable ou d’outil, réglage, pannes et micro-arrêts.

L’ajout de buffers, c’est-à-dire de places pour recevoir les encours entre certaines machines permet alors de découpler le fonctionnement des machines et d’augmenter ainsi le temps pendant lequel chacune d’entre elles produit. On arrive alors à un paradoxe du point de vue du lean : l’ajout de stock permet d’augmenter la capacité de production. Notre solution DispoX permet d’effectuer les dimensionnements pertinents de buffers en phase d’étude avec la solution Factory Design, puis en phase d’exploitation d’identifier le goulet d’étranglement et d’évaluer des solutions pour y remédier, parmi lesquelles l’ajustement de certains buffers avec le module Factory Operations. 

La data au service de la Supply chain

Prenons à présent le cas plus général de la supply chain, les stocks sont omniprésents et leur dimensionnement est souvent peu outillé : les ERP et les APS ont souvent des possibilités limitées de dimensionnement. Même le Demand-Driven-MRP (DDMRP) pourtant très pertinent pour améliorer le pilotage des opérations, n’a que des solutions pragmatiques et approximatives pour les dimensionner. En conséquence, avec ces outils, les stocks sont positionnés sans aucune assurance que leur dimensionnement soit optimal du point de vue du niveau de service assuré au moindre coût, et sans assurance de la robustesse de la supply chain. 

D’autres techniques ont été en vogue il y a quelques années, par exemple les méthodes multi-échelons destinées à optimiser la répartition des stocks entre les différents échelons de distribution. Elles sont intéressantes mais ne couvrent qu’une partie de la problématique.

C’est pour appréhender globalement ce sujet que les data scientists de Dillygence peuvent vous accompagner pour optimiser vos stocks à partir d’une modélisation de vos flux, en nous appuyant sur une expérience de près de trente ans de la modélisation et de la connaissance de la supply chain.

En conclusion, des méthodes existent pour optimiser le dimensionnement des stocks, mais elles sont encore trop peu connues et trop peu utilisées. Elles permettraient pourtant des dimensionnements plus judicieux et plus pertinents des stocks, permettant au stock de jouer son rôle, celui, en production, d’optimiser la capacité de production et d’assurer un service optimal aux clients.   

Thierry Bur